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Le témoignage de Monseigneur Paul de Trachia

Article publié le mardi 20 mai 2014 par Jean-Baptiste
Mis à jour le samedi 28 juin 2014

Hommage à Ludmilla par Mgr Paul Evêque de Tracheia

Nous lisons dans l‘Évangile de saint Jean que le Christ a été descendu de la Croix et a été mis dans un Sépulcre neuf dans le Jardin attenant au Golgotha. Les femmes Myrrophores sont venues tôt le matin et ont trouvé le Sépulcre vide, avec la pierre roulée et la lumière incréée à l’intérieur, ce qui leur permettait de voir les bandelettes car le soleil ne s’était pas encore levé. L’Ange leur dit : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui vit. Allez dire à Ses disciples qu’Il est ressuscité ! ».

Le témoignage de Mrg Paul lu lors des funérailles de Ludmilla

Ce jardin, nous le voyons ici aujourd’hui avec une église en bois, le lieu de la Croix. Et l’autre où nous nous trouvons, en pierre, c’est le Sépulcre. Ceci n’est pas sans signification spirituelle.

Toute la vie de Ludmilla est un témoignage constant de la Croix et de la Résurrection. Elle fut parmi ceux à qui Dieu a donné de rayonner une sorte de joie spirituelle naturelle. Oui, Ludmilla était de celles-là. Toute sa vie elle a assumé sa paralysie, sa maladie, et en même temps elle a porté la Joie de la Résurrection qu’elle a su partager avec autant de personnes, comme en témoigne la foule qui s’est déplacée aujourd’hui.

L’histoire de sa vie a été « le chemin étroit » dont parle le Christ. « Celui qui veut me suivre, qu’il prenne sa croix quotidienne, car Mon joug est doux et Mon fardeau léger ». Sa croix fut le bois de ses béquilles, plus tard remplacées par le dernier modèle technique de chaise roulante qui faisait en sorte qu’elle volait presque comme les Anges. Ainsi elle « surfait », comme on dirait aujourd’hui, sur les différentes surfaces, l’asphalte, l’herbe ou le bois.

Née en Ukraine, elle contracta sa maladie très jeune. Et c’est avec sa mère qu’elle dût quitter son pays natal pour se retrouver en Allemagne.
« Tout concourt au bien pour celui qui aime le Christ », nous dit l’Apôtre. Et nous voyons que cet exode, d’une étrange façon, a amené un inestimable trésor vers la France. Emprisonnée avec sa mère en camp de concentration, elle a vu pour la première fois la beauté de la Face du Christ. Cette rencontre l’a bouleversée. Dans l’enfer, elle a vu la Vie, et contemplé la Face de son Créateur et Sauveur, par des moyens que Dieu Seul connaît.

Après le mariage de sa mère avec un jeune officier français, elle est venue en terre de France, où elle a trouvé non seulement une seconde patrie, mais aussi un lieu de témoignage et de travail évangéliques. Elle s’est mise à peindre des icônes dans un style qui lui est propre et qu’elle voulait être l’expression de l’Orthodoxie française.

Encouragée et inspirée par l’Evêque Jean, et avec sa bénédiction, elle s’est attelé corps et âme à cette œuvre iconographique.

C’est dans une église romane qu’elle a rencontré son époux et qu’a commencé une amitié spirituelle scellée par leur amour pour le Christ-Sauveur. Depuis cette rencontre, cher Père Nicolas, vous avez été la colonne sur laquelle Ludmilla a pu accomplir son oeuvre. En vérité, vous l’avez aimée comme le Christ aime son Eglise. Vous avez été le conseiller avisé et le compagnon fidèle dans toute l’oeuvre de l’atelier Saint Jean Damascène. De surcroît vous avez apporté une vie spirituelle authentique en lui permettant de communier aux Saints Mystères jusqu’au derniers jours de sa vie. Vous avez été un exemple pour nous tous comme prêtre, époux et compagnon. Vous avez reçu un trésor en la personne de Ludmilla et vous avez su l’offrir au Seigneur comme une perle de grand prix.

Chers Jean-Baptiste et Marie-Noëlle, fruits d’une telle union, vous avez maintenant la responsabilité de continuer dans le même esprit cette oeuvre qui plaît à Dieu. Sachez que sûrement votre mère, de là où elle se trouve, vous bénit et intercède pour vous. Nous partageons votre deuil mais nous vous disons, comme l’ange resplendissant qui se tenait sur la pierre-devenue-trône : ne pleurez plus, prenez courage car le Christ est vraiment ressuscité, premier fruit de tous ceux qui sont dans le tombeau, en accordant à tous grande miséricorde.

Plus tard, installée dans le Vercors, Ludmilla a pu attirer nombre de fidèles de différentes confessions dans une œuvre oecuménique véritable autour de l’iconographie. Nous pouvons admirer ses fresques et les innombrables icônes peintes par ses élèves, qui lui permettent de dire aujourd’hui devant le Trône de Dieu : « Me voici moi et les enfants que tu m’as donnés ! ».

Ceci est pour l’histoire et bien incomplet, car le temps me manque pour décrire toutes les situations de sa vie, qui se déroulent comme un merveilleux livre où, chapitre par chapitre, on s’approche de la fin qui n’est en réalité que le commencement.

J’ai connu Ludmilla quand je suis venu pour la première fois dans le Vercors en 1992. Etrange rencontre, car je n’ai pas remarqué son handicap ; c’est lorsque je suis parti que je me suis dit : « N’était-elle pas dans une chaise roulante ? ». Son visage rayonnant et son cœur chaleureux ont fait en sorte que je n’ai rien remarqué. Quand, par la Grâce de Dieu, je suis venu moi-même habiter au Monastère de saint Antoine-le-Grand, à l’invitation de Géronda Placide, j’ai pu la fréquenter souvent ; et nous sommes devenus amis.

Lors de notre dernière conversation à l’hôpital de Saint- Marcellin, elle m’a demandé par écrit sur sa petite tablette, qui était devenue le seul moyen de communication, comment je la connaissais si bien. J’ai répondu : « C’est l’Amour qui nous révèle l’un à l’autre ; ceci est le charisme de l’Esprit-Saint, un don qui a été offert à l’un et à l’autre pour le bénéfice de chacun ». C’est ce véritable Amour qui fait que tous les chrétiens sont Un dans le Christ !
Parmi ses dons spirituels, on admirait la patience qu’elle a acquise à la sueur de son front, et une certaine intégrité et droiture qui lui permettaient d’écarter tout ce qui était hypocrite et faux. Ludmilla possédait une étonnante simplicité, langage de cette humilité qui était la sienne. Elle laisse derrière elle « Elle-même » comme icône, icône d’une authentique chrétienne, ardent serviteur du Christ, une épouse fidèle, et mère et grand-mère dévouée, douce, et très aimante.
Chacun d’entre nous ici présent doit remercier le Seigneur que nos chemins se soient croisés avec Ludmilla pendant notre pélerinage terrestre.

Et maintenant, elle sort de cette église de pierre qui est le Sépulcre, pour reposer dans l’attente de la Résurrection. Lorsque le Christ-Jésus lui-même s’approchera de sa tombe, il criera d’une voix forte : « Ludmilla, sors, entre dans la joie de Ton Maître, viens partager le Royaume qui a été préparé pour mes fidèles serviteurs, et participer au Festin des Noces, goûter au vin nouveau et vivre auprès de Moi pendant les siècles des siècles ! ».

Oui, Ludmilla, sans nul doute, est de celles qui hériteront du Royaume des Cieux.

Que sa mémoire soit éternelle et que son âme repose dans la Paix !

En vérité, le Christ est ressuscité !

À Lui la gloire dans les siècles des siècles,

AMEN !

+ Paul, Evêque de Tracheia

Eglise de la Dormition de la Mère de Dieu
Saint Jean en Royans le 9 Mai 2014
Christ est ressuscité !

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